Alain-Paul MALLARD

La légende familiale veut que son nom soit celui d’un militaire de la guerre d’Intervention française au Mexique qui se serait égaré sur les rives du fleuve Papaloapan dans le sud du Veracruz.

Ecrivain et cinéaste (il a été formé à la FEMIS, Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son à Paris) Alain-Paul Mallard (1970) est l’auteur de deux livres singuliers : Evocación de Matthias Stimmberg (1995) et Recels. Le cisèlement extrême de ses fictions et de ses textes, à la frontière, pour certains, de la nouvelle et de l’essai, lui a valu l’éloge de Pierre Michon dont il admire les Vies minuscules.

En quelques nouvelles brèves, Evocation de Matthias Stimmberg fait le portrait d’un écrivain autrichien faussement nihiliste, sûrement misanthrope et d’une culture marquée par le souvenir de l’indicible. On reconnaîtra là un art tout borgésien de la miniature qui en dit long sur le monde. Recels déploie cet art de conter au compte-gouttes dans des genres très divers, toujours parfaitement maîtrisés : la disparition d’un lieu et d’une grand-mère dans le tremblement de terre de Mexico, ce trou de réel qui ne sera pas celui de la mémoire, car le récit le conjure ; cette autre disparition d’une jeune femme dont ne reste qu’une trompeuse présence sur une pellicule de Super8. « Les mots peuvent répondre pleinement aux dons du monde », dit un narrateur de Recels. A ses soustractions aussi. FO

Traduits en français
Recels, trad. par Florence Olivier, éd. L’Arbre Vengeur, 2009
Evocation de Matthias Stimmberg, suivi de Six notes autour de l’obsession de l’écriture, trad. présenté et annoté par Anne Plantagenet, éd. Bibliophane, 2003