Carmen BOULLOSA

Les premiers livres de poèmes de Carmen Boullosa (1954) exploitent déjà les thèmes centraux de son œuvre postérieure : la mémoire, le désir et le corps, l’aventure, l’utopie, la mort. Sa conception de la littérature comme exorcisme et questionnement s’illustre dans ses romans à consonance historique : c’est le cas de Llanto (1992) où le Mexique contemporain est confronté à une résurgence de son passé précolombien ; de Eux les vaches, nous les porcs, qui revisite les romans de piraterie et l’utopie des « Frères de la côte » ; de Duerme, fable où l’entreprise coloniale espagnole au Mexique est relue à travers les croyances indigènes. Cielos de la tierra (1997), un roman à trois niveaux de lecture, peut-être le plus ambitieux de Carmen Boullosa, s’interroge sur une éventuelle disparition du langage et La otra mano de Lepanto (2005), savoureuse parodie du roman picaresque et du roman d’aventures, met en scène une jeune femme qui est la combinaison d’un personnage de Cervantès et de la célèbre guerrière présente sur la galère amirale lors de la bataille de Lépante. CF Traduits en français
Avant, trad. par Sabine Coudassot-Ramirez, éd. Les Allusifs, 2003
Eux les vaches, nous les porcs, trad. par Claude Fell, éd. Serpent à plumes, 2002 (publié avec le soutien du Cnl)
Duerme : l’eau des lacs du temps jadis, trad. par Claude Fell, éd. Atalante, 1997 et Serpent à plumes, 1999