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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la traduction littéraire
Appel à candidature
jusqu'au 6 octobre 2018

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la traduction littéraire

Rencontre avec Olivier Mannoni, directeur de l'Ecole de Traduction Littéraire

À l’occasion du lancement de l’appel à candidatures pour l’ouverture de la promotion 2019, Olivier Mannoni nous dit tout (ou presque) sur le métier de traducteur.

Traducteur littéraire de plus de 200 ouvrages, Olivier Mannoni est le directeur de l’Ecole de Traduction Littéraire (ETL) - un partenariat avec le Centre National du Livre et l’Asfored - qui forme les traducteurs professionnels de demain.

D’une durée de 1 an, la formation s’adresse aux traducteurs professionnels en début de carrière et ayant au moins une traduction à leur actif chez un éditeur. Les traducteurs depuis et vers toutes les langues étrangères sont éligibles mais une priorité sera donnée aux langues dites « rares ».

Traducteur, un métier ou une vocation ?

La traduction littéraire, dont il est exclusivement question ici, est un métier qui, d'une part, comme tous les métiers, suppose pour être bien pratiqué un certain nombre de qualités, une grande envie et une idée précise de ce que l’on a envie de faire. La « vocation » est indispensable pour l’exercer correctement, à l’instar de tous les « vrais » métiers. Pour faire un bon traducteur, il faut à la fois maîtriser un ou plusieurs métiers (traducteur, mais aussi négociateur, « pisteur » de livres, animateur, parfois même psychologue) et avoir la passion de le faire.

Pourquoi choisir ce métier ?

Pour le contact avec une myriade d’êtres humains toujours extraordinaires, auteurs, éditeurs, libraires, lecteurs, etc. La traduction littéraire est un métier qui se vit dans l’indépendance, mais se conjugue avec une longue chaîne de passionnés. Cela ne veut pas dire que tout soit simple : c’est un métier qui exige un temps de travail considérable, où la pression temporelle est très importante, et où il faut beaucoup d’énergie pour gagner sa vie. Mais c’est aussi un métier de liberté, d’initiative, d’envies et de coups de coeur.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Comment voyez-vous le métier évoluer ? Que penser du traducteur comme un post-éditeur de traductions automatiques dans notre environnement numérique ?

Le métier de traducteur littéraire évolue au même rythme que celui de l’écrivain : il a accès plus vite à des ressources plus nombreuses, il a des outils qui lui permettent de mieux maîtriser son travail, mais le fond reste éternel : traduire ce qu’écrit un auteur, avec toute la charge de contexte et d’implicite que cela suppose. Quant à la traduction automatique, en matière littéraire, c’est une vaste plaisanterie.
Une machine traduit des mots. Nous, nous traduisons ce qu’ils veulent dire et ce qu’ils cachent. Il faudra sans doute encore des décennies pour qu’on parvienne à obtenir un résultat quelconque dans le domaine de la traduction littéraire. Même « DeepL », le plus récent logiciel de traduction assistée par IA, fournit en traduction de textes littéraires des résultats d’une platitude accablante, pour ne pas parler d’imbécillité, aussi inutilisables comme base de travail qu’une traduction ratée qu’il faut revoir entièrement. Même en technique, ces logiciels ne fonctionnent réellement que sur des textes très répétitifs et qui ont en réalité été écrits pour la traduction automatique.

Comment débuter sa carrière dans la traduction littéraire ?

Bonne question. C’est l’une de celles sur lesquelles nous travaillons, longuement, avec nos élèves.

Date limite de dépôt des dossiers : 1er octobre 2018

Pour postuler, rendez-vous ici