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10 traducteurs à Paris pour le séminaire des jeunes traducteurs roumains
Événement
du 16 Juillet 2013 au 16 Août 2013

10 traducteurs à Paris pour le séminaire des jeunes traducteurs roumains

Du 16 au 26 juillet 2013

Le CNL a accueilli pendant deux semaines à Paris 10 traducteurs roumains qui ont suivi depuis octobre 2012 le Séminaire de jeunes traducteurs organisé à Bucarest par le Centre national du livre et l’Institut culturel roumain. Vlad Alexandrescu est responsable de cette formation et Bogdan Ghiu en est l’animateur.

Ce séminaire s’inscrit dans le cadre de la convention de partenariat entre le CNL et l’ICR afin de contribuer à la professionnalisation des traducteurs de sciences humaines et sociales du français vers le roumain. Les dix jeunes traducteurs ont suivi 7 sessions de formation ces derniers mois à Bucarest. Le séjour à Paris, qui vient clore le séminaire, a été l’occasion pour les participants de rencontrer les professionnels français et de mieux connaître ainsi le marché du livre en France, il leur a également permis de finaliser leur traduction. Le travail aboutira à une publication, à l’automne 2013, d’une anthologie de textes de sciences humaines et sociales qui paraîtra en Roumanie aux éditions Polirom.

Le regard des traducteurs lors de la clôture du séjour à Paris

Andrea Ratiu, 28 ans, a une maîtrise de philosophie. Sa traduction du Manifeste pour la philosophie d’Alain Badiou a été publiée en 2008 aux éditions Idea à Cluj. Elle a commencé la traduction de Soi-même comme un autre de Paul Ricoeur. Andrea a particulièrement apprécié "la manière dont le CNL a organisé ce séjour Paris en nous faisant plonger dans le monde du livre". En outre, elle s’est rendue compte de la grande responsabilité du traducteur comme médiateur culturel : "C’est à lui de prendre contact avec les maisons d’édition, il lui incombe de s’investir dans la publication de la traduction d’une œuvre".

Maria Boatca, 34 ans, étudie la philologie en français et en anglais, doctorante en littérature belge de langue française. En 2000, elle reçoit le premier Prix de l’Association des Poètes Francophones de Paris et collabore ensuite avec l’homme de Lettres Horia Muntenus. Ce programme lui a appris "à pratiquer la modestie, accepter les critiques constructives, les astuces et les détails légaux du métier".

Mihaela Stanica, 30 ans, est chargée des travaux pratiques à l’université de Bucarest, familière des œuvres d’Anna Gavalda et de Patrick Banon dont elle a traduit Le Jumeau du Christ. Pour elle : "cet échange permanent entre les langues incite à vérifier le plus et le mieux possible le terme traduit, et s’extirper de la bulle dans laquelle le traducteur a l’habitude de travailler. A la rentrée, j’essaierai de contacter des maisons d’édition à l’occasion de la Foire du livre de Bucarest en novembre pour leur proposer ma traduction des Anti-Lumières de Zeev Sternhell".

Andreea Blaga, 26 ans, est doctorante en traductologie, en cotutelle à l’université de Lyon 3 et de Cluj-Napoca en Roumanie. "Par le biais du séminaire de traduction, j’ai compris que la théorie et la pratique sont bien différentes ! " Andreea a découvert la pensée de Pierre Rosanvallon, en traduisant La légitimité démocratique : Impartialité, réflexivité, proximité. En France, sa traduction d’une thèse portant sur Sartre et Camus sera publiée aux éditions de l’Harmattan.

Speranta Milancovici, 33 ans, est chercheuse, spécialiste de Benjamin Fondane, membre de la Société d’études française Benjamin Fondane. Elle enseigne aussi la littérature et la langue roumaine à l’université de l’Ouest Vasile Goldis. Elle se réjouit "des discussions spécifiques avec les coordinateurs, d’avoir été en contact avec des œuvres peu connues du public roumain". Son objectif consiste à se consacrer entièrement aux écrits de Marc Fumaroli, et à se familiariser avec la pensée de l’auteur durant le séminaire.

Dragos Jipa, 30 ans, enseigne la littérature française à l’université de Bucarest. En France, il a appris "le mot slasher, qui désigne une personne polyvalente, travaillant dans plusieurs disciplines". Il prépare une thèse sur l’histoire de l’Idée de nature dans l’Antiquité, en s’appuyant sur la traduction de l’ouvrage de Roger Chartier Au bord de la falaise. Il observe que "le séminaire a permis de faire émerger une vision collective, constitutive de l’essence de ce programme d’échange de traducteurs. Cela a demandé une ouverture d’esprit, une disponibilité pour entrer en discussion".

Raluca Varlan, 32 ans, enseignante de FLE (Français langue étrangère) a Iasi, est également interprète et spécialiste en littérature moderne. A l’occasion du séminaire de professionnalisation, elle a pu constater que "le travail collectif nous a obligé à reconsidérer le métier de traducteur, enrichir notre conception de l’exercice de traduction". Durant ce programme, Raluca a dû traduire un fragment de l’œuvre 1848, la Révolution oubliée de Maurizio Gribaudi et Michèle Riot-Sarcey.

Daniela Mariucuta, 32 ans est enseignante de FLE à Bucarest, interprète, traductrice et chercheuse en sciences sociales. A la demande de l’Institut culturel roumain, elle a traduit plusieurs textes parus dans la Revue Roumaine des sciences sociales. Deux fragments de Sur la Théologie blanche de Descartes de Jean-Luc Marion seront publiés en septembre 2013. Elle a apprécié : "cette réflexion collective qui permet de sortir de la solitude inhérente au métier de traducteur".

Lucia Visinescu, 30 ans, donne des cours de traduction, langues et terminologie à l’université de Bucarest. Grâce à la traduction de l’Encyclopédie des religions de Michel Malherbe, Lucia a été sélectionnée pour participer au programme de formation de traducteurs. Elle remarque que "le travail de recherche en groupe permet d’acquérir une méthode de traduction, avec la possibilité d’échanger avec d’autres traducteurs qui ont choisi une discipline différente. Ce programme est excellent. J’aimerais que cela continue".