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Les traducteurs participant au séminaire franco-turc ont fait un
Événement
du 12 au 22 Septembre 2013

Les traducteurs participant au séminaire franco-turc ont fait un "arrêt sur la traduction" lors de leur voyage à Paris.

Le programme d’échange de traducteurs français-turc / turc-français a permis de favoriser les échanges culturels entre la France et la Turquie, développer le réseau des traducteurs littéraires professionnels.

Şule Çiltaş, 43 ans, habite Ankara et enseigne les langues orientales, dont l’indien à l’université. Elle a traduit quelques ouvrages littéraires, mais le domaine des sciences sociales reste sa spécialité. En tant que traductrice confirmée, cette habituée du "circuit" de l’édition turque choisit d’envoyer sa candidature pour participer au séminaire de professionnalisation de la traduction après qu’une amie lui en ait parlé. Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir figurent parmi ses écrivains favoris. Şule a traduit du français vers le turc la bande dessinée Persepolis de Marjane Satrapi et travaille actuellement sur la traduction de L’histoire du peuple arménien écrit par Gérard Dédeyan (éditions Privat). Au cours du séminaire franco-turc, elle a apprécié l’interactivité des échanges entre traducteurs.


Pierre Bastin, 44 ans, vit à Ankara. Après un passage à l’université en Belgique, entre philosophie, langues et littératures romaines, Pierre se réoriente en étudiant la psychologie et obtient une licence. Fasciné par la culture turque, il se rend plusieurs fois en Turquie au milieu des années quatre-vingt et décide d’apprendre la langue en suivant des cours du soir deux fois par semaine. L’apprentissage du turc se transforme en véritable passion, si bien que Pierre met à profit ses connaissances au service de la communauté turque de Bruxelles en tant que conseiller pédagogique au sein d’une association. En 2008, il part enseigner à l’université de Hacettepe à Ankara comme chargé de cours. Puis, l’envie d’améliorer son niveau en turc  l’oriente vers le domaine de la traduction et le conduit à contacter Timour Muhidine (enseignant à l’INALCO, spécialiste de la littérature turque et traducteur), qui l’informe de la mise en en place d’un séminaire franco-turc. « Maintenant, je ne veux plus rentrer en Belgique » dit-il. Pierre se concentre à présent sur la traduction de textes d’Hakan Günday en français. Durant le séminaire, Pierre a aimé être confronté à deux visions de la traduction différentes, incarnées par Leslie Anagnan et Rosie Pinhas Delpuech. Il n’empêche, selon lui : « La traduction étant une activité intuitive, ce sont plutôt des échanges de points de vue qu’une formation. Les ateliers nous ont permis de prendre du recul et une liberté par rapport au texte ».      

Zeynep Çayli, 30 ans, habite à Istanbul. Diplômée du lycée francophone Saint-Benoît à Istanbul, elle a suivi les cours de traduction dispensés par la faculté de Mons en Belgique et ceux de l’Institut libre Marie Haps. De retour à Istanbul, Zeynep effectue son master à l’université de Galastasaray. Familiarisée avec la traduction  orale et écrite de textes techniques, elle traduit des éditions du Monde diplomatique du français vers le turc. Elle termine actuellement la traduction d’une pièce de théâtre pour son mémoire. Par le biais du séminaire franco-turc, lors de son séjour à La Fabrique à Arles, Zeynep est entrée en contact avec une maison d’édition turque Sel Yayincilik,pour laquelle elle s’est attelée à la traduction deParfums écrit par Philippe Claudel. Ce séminaire lui paraît essentiel pour faire connaître le métier de traducteur.

Mehmet Konuk, 53 ans, vit en région parisienne. « Aguerri » aux traductions techniques et juridiques, il est interprète dans les tribunaux depuis plusieurs années. Mehmet a constaté qu’il est plus délicat de traduire des textes littéraires car il faut aller puiser du côté des sentiments et des émotions, tandis que « dans le domaine juridique, la traduction s’impose ». Mehmet confie que « le métier de traducteur est un métier de solitaire, ce séminaire m’a permis de rencontrer des traducteurs spécialisés dans d’autres genres littéraires et j’ai envie de consacrer plus de temps à ce type de traduction ».

Simla Ongan, 41 ans, exerce le métier de traductrice à Istanbul. Bilingue grâce à l’école de l’ambassade de France à Ankara, elle commence à traduire les émissions de la télévision et de la radio nationale turque (TRT), âgée de dix-huit ans. Elle travaillera pour la TRT pendant quatre ans. Elle a déjà traduit deux biographies, celle d’Ilich Ramírez Sánchez, le terroriste Carlos, et La dette de sang : un Arménien traque les responsables du génocide de’Archavir Chiragian, ainsi qu’une partie de la loi bancaire en Turquie, grâce « aux contacts »  rencontrés depuis le lycée dans la sphère de la traduction. Durant le festival de poésie à Lodève, elle a également traduit des poèmes du turc vers le français. Cette enseignante en FLE (français langue étrangère) à l’université de Bilkent à Ankara, a pu étendre son réseau dans l’édition turque à l’aide du séminaire. Elle projette de traduire Mort à crédit de Louis-Ferdinand Céline du français vers le turc.

Sibel Berk, 49 ans, vit et travaille à Paris. Arrivée en 1989 à Paris, elle achève une maîtrise de langues et poursuit un doctorat en sciences du langage. Chargée de cours à l’INALCO où elle enseigne le turc, elle participe aussi à la réalisation de dictionnaires bilingues, spécialiste de la lexicographie. Sibel souhaite s’investir davantage dans la traduction d’ouvrages littéraires et d’études en sciences sociales. Le travail en groupes fut « une expérience très enrichissante », Sibel espère être sélectionnée pour le 3ème atelier de traduction qui aura lieu cet automne en Turquie.

Nilda Taskopru, 32 ans, vit à Istanbul. Après avoir suivi les cours de l’école francophone à Istanbul, elle part à Lyon effectuer une licence de sciences de l’information et de la communication, puis elle s’installe à Paris et obtient un diplôme d’Etat de professeur de danse. Elle enseignera la danse contemporaine pendant trois ans. En parallèle, Nilda complète son cursus universitaire par un doctorat en histoire et philosophie de l’art tout en faisant de l’interprétariat occasionnellement pour des particuliers et des entreprises. Grâce au séminaire franco-turc, elle a reçu une première commande de traduction, concernant l’ouvrage d’Eric Faye, Nagasaki, « cette atelier m’a ouvert des portes » conclut-elle.