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La lettre du CNL
Newsletter du CNL spécial Livre Paris : Lundi 27 mars 27 Mars 2017
 
 
AUJOURD'HUI, 3 QUESTIONS À JEAN D'ORMESSON

Grand écrivain, l'un des rares à avoir été publié de son vivant dans la prestigieuse collection de la Pléiade, l'académicien Jean d’Ormesson était l'invité du CNL à Livre Paris dimanche 26 mars. Il a accepté de répondre aux trois questions du CNL après avoir échangé avec Jean Lebrun sur 60 ans de création littéraire. Action.

1) Faut-il être farceur pour être écrivain ?
Je suis de ceux qui pensent que la très grande littérature est une littérature, je ne dirais pas de farce, mais une littérature comique. Un auteur comme Proust, qui passe souvent comme difficile, et parfois bien à tort comme ennuyeux, est incroyablement amusant. Naturellement, Chateaubriand c'est très amusant, comme Montaigne ou Don Quichotte évidemment. Je suis de ceux qui pensent que Kafka  est un auteur comique. L'idée d'un type qui se réveille transformé en coléoptère, si ce n'est pas une idée comique, j'aimerais bien savoir ce que c'est... Donc il faut être farceur pour être romancier.

2) L'immortalité donne-t-elle l'immunité littéraire ?
Non seulement ça ne donne pas l'immunité littéraire mais je pense que c'est très dangereux pour la postérité. L'immortalité, Cocteau l'a réglée d'un mot merveilleux, il dit : "Nous sommes immortels pour la durée de notre vie. Après, nous nous changeons en fauteuil". Plus sérieusement, je pense que tout ce qui est activité sociale, politique, tout ce qui appartient aux institutions, est dangereux pour la littérature. Je trouve beaucoup d'exemples. On avait voulu faire rentrer Malraux à l'Académie et à l'époque, il avait décliné en disant que son médecin s'opposait à cette entrée. Et je ne sais plus qui avait dit : "Je crois que le médecin de Malraux s'appelle le Docteur Nobel". Souvent, les institutions, que ce soit l'Académie, le Goncourt, sont dangereuses. Ces chaînes d'or sont mauvaises pour la littérature, ça nous entraîne au fond du gouffre de l'oubli. Je crois très fort que l'indépendance est très utile à la littérature.

3) Aujourd'hui, que lisez-vous ?
Je lis très peu en ce moment parce que j'écris. Vous savez, tout ce qu'on n'a pas lu avant trente ans, on ne le lira pas... On se dit, je passerai ma vieillesse à lire des textes anciens, et puis on est emporté par un tourbillon. Et si on écrit, ça prend presque tout notre temps. Donc, heureusement que j'ai lu Proust, Spinoza, Homère, Chateaubriand, Montaigne quand j'étais jeune. Mais je lis encore des choses merveilleuses à la fois anciennes et contemporaines.

 
 
HIER SUR LE STAND DU CNL (F68)

Dimanche 26 mars, 7 rencontres proposées par le CNL à Livre Paris ont attiré un public nombreux.  Les tables rondes telles que "Ecrire, un acte de résistance ?", "Homme/animal, même combat ?" ou encore "La Terre est bleue comme une orange", auront permis d'entendre quelques unes des grandes voix de la littérature française résonner sur des sujets d'actualité.

Jean d'Ormesson, Florence Burgat, Kamel Daoud, Rosa B., Enki Bilal, Axel Kahn, Isabelle Autissier ou encore Jean-Baptiste Del Amo, entre autres, étaient présents sur le stand du CNL.

 
 
UN FINAL EN CINQUANTE NUANCES DE STYLE

Pour clore le salon, le CNL a accueilli un atelier public de traduction d'un texte érotique, organisé par l’Association des traducteurs littéraires de France (ATLF) et l’Ecole de traduction littéraire (ETL), en présence de Paola Appelius, Laura Bourgeois, et des stagiaires de l’Ecole de traduction littéraire (ETL).

Le Centre national du livre remercie chaleureusement tous les intervenants, auteurs, professionnels, modérateurs, ayant participé aux 25 rencontres sur son stand à Livre Paris, et  le public venu nombreux.
Vous pourrez (re)découvrir ces rencontres en version audio, prochainement en ligne sur le site Internet du CNL.

 
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